Pourquoi : TMF est déjà au-dessus de son pair direct. La refonte n'a pas besoin de tout réinventer pour gagner des points faciles.
TELL ME
FILMS.
Refonte d'un site de société de production audiovisuelle indépendante. Audit 12 critères, benchmark concurrentiel et architecture de l'information repensée pour 3 publics distincts.
Comment valoriser des contenus vidéo et faciliter leur accès ?
Tell Me Films est une société de production indépendante de films & séries documentaires implantée en Nouvelle-Aquitaine, Normandie et Guadeloupe. Fondée en 2014 par Laurent Alary et Eric Jarno, la maison compte 20 productions, 85 sélections en festivals et 12 ans d'expérience.
Le site actuel (tellmefilms.com), construit sur Strikingly, accumule depuis plusieurs années des frictions structurelles : architecture floue, vignettes carrées qui tronquent les affiches cinéma, absence de mentions légales malgré une boutique active, contenu mal hiérarchisé. Les preuves de qualité existent sélections festivals prestigieuses, catalogue riche mais elles sont noyées dans une grille indifférenciée.
Audit ergonomique sur 12 critères
Évaluation systématique du site tellmefilms.com sur 12 critères ergonomiques (méthode Bastien-Scapin enrichie). Chaque critère est noté de 1 à 5 avec un constat factuel et un niveau de priorité pour la refonte.
| # | Critère | Note | Constat | Priorité |
|---|---|---|---|---|
| 01 | Architecture de l'information |
2,5 |
Page d'accueil = liste de tous les films sans hiérarchie. Aucune distinction entre films récents, en cours de diffusion, catalogue. Un film spécifique (Kim Novak's Vertigo) apparaît comme entrée de menu rupture structurelle. | Haute |
| 02 | Organisation visuelle |
3,5 |
Page pas surchargée, clusterisation respectée. La loi de Pareto est correctement appliquée l'essentiel est mis en avant. | Faible |
| 03 | Cohérence interne |
3 |
L'apprentissage interne est respecté avec les boutons. Manque d'effets au survol pour identifier la cliquabilité. La version mobile reste fidèle au desktop. | Moyenne |
| 04 | Conventions externes |
3,5 |
Convention externe respectée avec une navigation standard et des visuels génériques peu dépaysants pour l'utilisateur. | Faible |
| 05 | Informations & tagline |
1,5 |
Pas de tagline, difficulté à comprendre l'activité du site et ce qu'il propose. On déduit du contenu qu'il s'agit d'audiovisuel sans certitude. | Haute |
| 06 | Compréhension du contenu |
3 |
Icônes pour réseaux et boutique, mais absentes pour le contenu. Langage tourné professionnels / personnes avec une bonne culture cinéma exclusif pour le grand public. | Moyenne |
| 07 | Guidage |
4 |
Absence de guidage, pas d'animation au survol (à part le curseur), pas d'appel à l'action. L'utilisateur est perdu dans l'exploration. Aucun lien internes pour fluidifier la navigation. | Haute |
| 08 | Gestion des erreurs & légalité |
1,5 |
Aucune gestion d'erreur dans le formulaire, pas de mentions légales, pas de politique de confidentialité, pas de CGV alors que la boutique permet des achats. | Haute |
| 09 | Fluidité technique |
4 |
Site avec une vitesse de chargement correcte. On peut trouver ce que l'on cherche rapidement à condition de savoir ce que l'on cherche. | Faible |
| 10 | Liberté utilisateur |
3 |
Pas de cookies imposés, pas de page 404 dédiée (page builder par défaut). Quand un achat est sélectionné il est mémorisé. L'utilisateur n'est pas contraint à voir les vidéos. | Moyenne |
| 11 | Accessibilité |
4,5 |
Site globalement accessible couleurs respectant les contrastes, code propre, navigation clavier fonctionnelle. Quelques alt-text à enrichir. | Faible |
| 12 | Satisfaction visuelle |
3,5 |
Site simple, pas de faute visuelle majeure, sauf pour les affiches des films. Le visuel n'est pas au goût du jour mériterait d'être actualisé pour gagner en élégance et en attractivité. Effet « site d'association sur thème préfait ». | Moyenne |
Confrontation à 2 références du secteur
Audit comparatif sur les mêmes 12 critères avec deux références : Les Films d'ICI (pair direct, société de production documentaire française reconnue) et Participant Media (référence sectorielle internationale, productrice de Citizen Four, Roma, Spotlight).
| Critère | Tell Me Films | Les Films d'ICI | Participant Media |
|---|---|---|---|
| Architecture de l'information | 2,5 | 3,5 | 4,5 |
| Organisation visuelle | 3,5 | 0,5 | 3 |
| Cohérence interne | 3 | 1 | 4,5 |
| Conventions externes | 3,5 | 2 | 4,5 |
| Informations & tagline | 1,5 | 2 | 5 |
| Compréhension du contenu | 3 | 1,5 | 4,5 |
| Guidage | 4 | 1,5 | 4 |
| Gestion des erreurs & légalité | 1,5 | 0 | 5 |
| Fluidité technique | 4 | 0 | 5 |
| Liberté utilisateur | 3 | 4 | 5 |
| Accessibilité | 4,5 | 1,5 | 4 |
| Satisfaction visuelle | 3,5 | 0,5 | 4,5 |
| Score global | 3,1 | 1,5 | 4,5 |
Tell Me Films double son pair direct.
Mais reste à 1,4 point de la référence sectorielle.
Pourquoi : 1,4 point = écart concret et atteignable. C'est la cible de la refonte (objectif projeté 4,2/5).
Pourquoi : Participant excelle sur ces 3 critères (5/5 chacun). Ce sont eux qui guideront les recommandations prioritaires.
3 publics distincts, 1 même site
3 publics, des objectifs très différents.
Une seule frustration commune : l'absence de hiérarchie temporelle.
Qu'est-ce qui est récent ? en salle ? en catalogue ? Sur le site actuel, impossible de répondre rapidement. La refonte doit résoudre ce point avant tout—c'est l'insight transversal qui guide l'architecture proposée.
Parcours utilisateur site actuel · 3 frictions communes
Insight transversal : les 3 personas ont la même frustration finale l'absence de hiérarchie temporelle du contenu. Aucun signal sur ce qui est récent, en salle, en catalogue ou disponible en VOD. La refonte propose un hero éditorial « À l'affiche » qui résout cette friction commune dès la homepage.
Une arborescence repensée en 5 entrées
Restructuration en 5 entrées de navigation cohérentes Accueil · Films & Séries · Le 10ᵉ Art · News · Prendre Contact avec 3 niveaux maximum, fil d'Ariane sur toutes les pages internes, et segmentation du contact par usage (festivals / ventes / presse / candidatures).
Regrouper toutes les activités de la société dans une arborescence par thématique.
Une arborescence courte et standard : l'activité principale mise en avant, une page dédiée par activité — reliée depuis l'accueil et la page entreprise.
Pourquoi : tout mélanger noyait l'objectif du site — l'utilisateur ne savait plus ce que fait Tell Me Films ni ce qu'il présente. Clarifier l'activité principale prime sur l'exhaustivité.
Homepage + Fiche Film, desktop & mobile
Wireframes basse fidélité avec annotations UX cliquables, format desktop 1440 + mobile 375 côte à côte. Chaque annotation explicite le choix de design (R01 → R06) et l'impact pour les 3 personas.
6 recommandations priorisées
Chaque recommandation suit la même structure : j'ai identifié que (l'observation factuelle), j'ai fait le choix de (la décision design), cela permet de (l'impact concret pour les personas).
Une DA sobre, éditoriale comme un programme de salle
Pas un site « 2026 glassy ».
Quelque chose qui respire le cinéma ancien, le papier d'affiche, le grain argentique.
Pourquoi : papier crème chaleureux. Évoque la matérialité du programme de salle, casse la froideur du blanc pur institutionnel.
Pourquoi : noir non-pur. Moins agressif, plus lisible sur les longues lectures (synopsis et fiches film).
Pourquoi : couleur exacte du logo TMF + codes du cinéma d'auteur (ambre projecteurs, affiches Capricci). Une seule couleur d'accent force à hiérarchiser.
Pourquoi : Inter extra-light pour les titres (modernité neutre), Cormorant italique pour les accents émotionnels (titres de films, années). Duo qu'on retrouve dans les éditions Cinémathèque française.
Roadmap refonte · 3 phases
Les recommandations sont priorisées en 3 phases selon leur impact UX et leur complexité technique de mise en œuvre du quick win (1 semaine) au chantier de fond (3 mois).
- Alt-text des images Correction immédiate, impact SEO + accessibilité
- Retirer Kim Novak du menu 5 min, rétablit la cohérence structurelle
- Page À propos Rédiger un contenu complet : histoire, ligne éditoriale, chiffres
- Mentions légales Trio CGV / Confidentialité / Mentions, conformité RGPD
- Fiches film prioritaires Synopsis long + badges festivals sur les 4 films récents
- Hero éditorial « À l'affiche » Section homepage avec film en avant + 2 CTA
- Format affiches 2:3 Remplacement des vignettes carrées
- Bande de crédibilité 3 chiffres clés (12 / 20 / 85) en homepage
- Architecture nav 5 entrées Restructuration menu + sous-sections
- Fiches film complètes Synopsis + crédits techniques + galerie + films similaires
- Footer segmenté Documents Press + 4 contacts différenciés
- Filtres catalogue Genre · année · statut (en salle / catalogue / VOD)
- Bilingue FR / EN Indispensable pour les ventes intl + programmateurs étrangers
- Migration CMS Sortir de Strikingly vers WordPress pour contrôle total
- Performance & lazy loading Optimisation chargement catalogue lourd
- Espace Industry / Press Press kits téléchargeables, screeners pro
- Newsletter Recapture éditoriale auprès des cinéphiles fidèles
Auto-évaluation honnête
Recul critique sur la démarche : ce qui a marché, ce qui aurait pu être mieux, ce que je ferais différemment aujourd'hui. Un projet UX se mesure aussi à ce qu'on apprend en le faisant.
Le choix des références s'est avéré déterminant : confronter Tell Me Films à Les Films d'ICI (pair direct) et Participant Media (référence sectorielle internationale) a donné une grille de lecture qui a tenu de bout en bout. La méthodologie 12 critères ergonomiques a permis de noter sans tomber dans le ressenti subjectif, et l'écart Participant (4,5) → TMF (3,1) a chiffré ce que je pressentais.
J'ai aussi pris le temps de m'imprégner du domaine (production audiovisuelle indépendante, écosystème festivals, distribution institutionnelle) avant de proposer des recommandations. La phrase clé qui a structuré tout le projet « Le projet n'est pas la vidéo, le projet est l'accès à la vidéo » est née de cette immersion, pas d'une checklist UX.
J'aurais dû fixer une deadline plus claire avec des objectifs intermédiaires datés. J'ai sous-estimé le temps nécessaire à la production complète (audit + benchmark + arborescence + wireframes + maquette + cas d'étude formalisé) et n'ai pas livré l'intégralité du périmètre que je m'étais fixé au départ.
Une découpe en sprints courts avec point de validation chaque semaine aurait évité ce dépassement et m'aurait obligé à livrer plus vite et itérer plutôt que peaufiner en silence.
Plus de recherche du domaine en amont passer une journée entière sur les sites de production audiovisuelle avant d'auditer, pour mieux saisir les conventions du secteur.
Travailler en relation continue avec le client, avec des points de validation toutes les semaines plutôt qu'un livrable final. Ça évite les dérives et permet d'ajuster en cours de route.
Trancher mes décisions design plus fermement, quitte à refaire. J'ai trop écouté les envies parfois contradictoires et pas assez ma propre lecture de designer UX. Certains choix manquent de cohérence parce que je n'ai pas assumé une direction claire.
La gestion du temps sur un projet long, avec ses phases de doute et de relance. Comprendre quand stopper l'audit pour passer à la conception, quand stopper la conception pour passer à la maquette.
La patience d'itérer : refaire dix fois une petite modification jusqu'à ce que ça tombe juste, sans céder à l'envie de figer pour passer à autre chose.
Le monde de la production audiovisuelle : ses enjeux économiques (droits, ventes intl, financement institutionnel), ses temporalités (festival → salle → VOD → catalogue) et ses publics multiples. Ce projet a fait mûrir mon process de designer UX.